Tissé Métisse

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Retour sur la première Univer'Cité...

... et prochain RDV le jeudi 26 septembre 2019 à 18h30

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Première conférence Univers'Cité organisée par Tissé Métisse, l'intervention de Pascale Ruffel nous a permis de mieux saisir les enjeux de ce thème par le prisme psychologique « Exil et migrations : une expérience singulière".

Le Jeudi 20 juin 2019 nous étions une cinquantaine de personnes pour échnager avec Pascale Ruffel, qui nous a rappelé d'emblée, que l’exil réveille un sentiment d’étrangeté à soi et au monde comme l’illustre un extrait du film de Jacques Tati « Playtime » (1967). En replaçant le sujet singulier au cœur de ses préoccupations de thérapeute, Pascale Ruffel montre que c’est dans son corps que l’exilé(e) vit la coupure du lien avec le monde où il est né et a grandi. Le corps apparaît comme un corps-frontière marqué par des passages entrecroisés entre l’histoire individuelle et le contexte national, par les langues aussi. Un corps flottant, vacillant où l’individu peut se sentir étranger à lui-même. En effet, l’exil peut être vécu comme un hors-sens pour celui qui vit cette expérience, avec la sensation d’être à côté d’un monde qui tourne autour de soi. C’est en premier lieu dans le corps que s’éprouve cette sensation de malaise car ce qui constitue et construit l’individu (maternage, nourrissage, environnement sensoriel, rythme de la langue) est à réinterroger, d’où la difficulté à se reconnaître dans le visage de l’autre (on se reconnait d’abord dans les yeux de sa mère). L’exil peut constituer un trauma car il déborde les limites psychiques individuelles. Les mots manquent pour dire et penser ce que vit le sujet dans un autre environnement, constitué de et dans une autre langue. Il peut y avoir peur de se diluer dans l’autre et de se perdre en modifiant violemment sa représentation du monde, sa façon de se nourrir, de penser, de parler, ses codes, ses repères. Pour tenter de contourner ces aspects et construire des formes de protection, les personnes qui vivent l’expérience de l’exil trouvent dans le regroupement communautaire une possibilité de maintenir un équilibre précaire et flou. Mais la relation à autrui n’est pas simple pour autant, le sujet en errance et en exil devient dépendant et doit faire l’expérience de s’en remettre à l’autre dans un rapport de confiance fragile. Mais si l’exil peut être vécu comme une coupure, une fracture, une perte, un entre-lieu de souffrance, il peut également devenir un creuset pour espace de création poétique et identitaire.

A NOTER LE ... prochain RDV Univers'Cité aura lieu le jeudi 26 septembre 2019 à 18h30 à la Maison de Quartier des Dervallières

 

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